Ce n'est pas simplement sous forme de pluie que la fraîcheur s'est invitée au 4ème tour du Wells Fargo Championships mais aussi sous la forme d'un jeune joueur de 22 ans (23 la semaine prochaine) qui se demande sans doute encore ce qu'il vient de réaliser.
Soyons honnête, je ne connaissais pas plus ce joueur avant ce tournoi que la plupart de ceux qui l'ont découvert ce dimanche.
Seulement un tournoi PGA en 2012 (un cut passé) et 8 tournois en 2013 avec 3 cuts passés (1 top 25 au Zurich Classic en avril, 1 top 10 au Sony Open en janvier et cette victoire inattendue). Voilà la carrière de Derek Ernst e PGA. Il est aujourd'hui 32ème de la FedexCup et 25ème de la Money List : quelle percée !
Personne ne sait évidemment ce qu'il deviendra dans les prochaines semaines, les prochains mois ni les prochaines années, mais ce qui est pris est pris.
Sans fausse note :
C'est un tournoi qui avait bien commencé pour lui avec à – 5 lors du premier tour. Un score atteint avec 3 « bogeys » largement compensés par 8 « birdies », le type de performance qu'il est difficile d'atteindre si l'on n'est pas relativement en harmonie avec le parcours. Un deuxième jour (-1) et un troisième jour (par) un peu moins brillants, mais finalement solides, le conduisaient donc à partager l'antépénultième partie avec déjà le sentiment du devoir accompli.
Un quatrième tour sérieux :
Il a pris « les trous les uns après les autres » comme il l'expliquait lors de son interview d'avant play-off. Ce dont tout le monde rêve mais que seuls certains peuvent réaliser : beaucoup le disent, peu le font. C'était effectivement sa façon de jouer : une forme de décontraction qui confinait à l'insouciance, peut-être à l'inconscience de ce qu'il était en train de faire et de vivre.
Pourtant il aurait pu craquer car ce sont au moins trois occasions de « birdies » qu'il laissait filer sur le retour avec un putting qui avait décidé de laisser la balle à quelques centimètres de la cible. Pour moins que cela, la plupart des joueurs est déstabilisée et les conséquences sur les tees suivants s'impriment inéluctablement. Chez Ernst, ni la machine à driver, ni celle à approcher ne semblaient subir la moindre influence négative de ces trois échecs.
Quand il se retrouvait au 18 avec un putt pour « birdie » qui ne lui promettait pas la victoire, mais l'espoir, on aurait pu penser que ce mètre de putting risquait d'être la répétition malheureuse des précédents : pas du tout et il y avait dans cette dernière action la détermination de celui qui veut gagner.
Pendant ce temps, la grimace de Phil Mickelson après sont « bogey » du 17 en disait assez long sur la suite. Plus que le désappointement, c'était sa détermination à gagner qui paraissait avoir été atteinte. Evidemment, ce ne pouvait être qu'avec brio et panache qu'il tentait sa chance pour une indispensable « birdie » au 18, c'est tout lui. Mais s'il y avait le panache, il n'y avait pas cette détermination qui fait de Mickelson sait entrer le type de putt qui lui était proposé. Avait-il vraiment encore la détermination pour aller chercher ce play-off à trois sous la pluie ? Pas sûr !
Quant au play-off, Derek Ernst était prêt, prêt à tout, sans complexe. Il est de ceux qui savent jouer quand il n'ont rien à perdre alors que d'autres s'écroulent sous la pression d'imaginer tout ce qu'ils pourraient gagner. A revoir, ce joueur.